Les pleurs chez les tout-petits
- 6 sept. 2022
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 août 2025

La semaine dernière, c’était l’adaptation de mon filleul de 10 mois à la crèche. Sa Maman me disait qu’il avait pleuré quand elle était partie. C’était aussi la première rentrée de ma fille, j’ai entendu des enfants pleurer quand leur parent partait mais aussi des parents pleins d’émotion.
Les pleurs. Émotion connue et reconnue par tous les parents. Le premier pleur de bébé est guetté par les parents et signe de vie. Puis plus les jours, les mois avancent, ils sont parfois difficiles à comprendre, à entendre, à consoler.
Mais alors que signifient-ils ?
Les pleurs pour un bébé sont son moyen de survie, sans eux, il ne peut pas vivre. Et oui, à la naissance, un bébé ne peut exprimer ses besoins que par eux. C’est pendant les trois premiers mois que bébé pleure le plus c’est-à-dire en moyenne 2h par jour et parfois plus sur certaines périodes. Cela est tout à fait normal. Les pleurs permettent d’alerter son entourage sur un besoin ressenti afin que celui-ci puisse y répondre.
Catherine Dumonteil-Kremer, pionnière de la parentalité positive, nous explique, dans son livre Élever son enfant autrement resources pour une parentalité positive, que « il (le bébé) peut se sentir envahi, dérouté, terrorisé. Il ne sait pas que vous allez revenir si vous avez quitté la pièce. Il ignore de quoi la minute suivante sera faite, sa sensation de faim est une douleur atroce, il ne peut pas « attendre ». Dans ces conditions, les pleurs sont un mécanisme de décharge de toutes souffrances dont nous ne comprenons pas toujours les origines. Le bébé pleure pour évacuer les tensions dues aux tourments générés par l’absence de réponse. Il pleure parce qu’il reçoit toutes les expériences qu’il vit d’une façon extrêmement aiguë. Il nous est impossible de concevoir cette épreuve sensorielle. Mais nous pouvons l’accompagner, être là et essayer, même si cela nous semble complexe, d’apprendre à connaître les signaux par lesquels il exprime ses besoins de base. »
Pourquoi bébé pleure ?
En cherchant la cause, cela peut aider à calmer les pleurs. Si tout a été fait et qu’il n’y a pas de raison apparente aux pleurs. Bébé a peut-être simplement besoin de vous, de vos bras ? Voici une liste des causes des pleurs :

Le type de pleurs peut également aider :

Mais le plus important est d’être à l’écoute, dans l’observation de votre bébé et de vous-même. Faites-vous confiance. Et il est tout à fait normal de ne pas toujours comprendre quand il pleure.
De plus, on entend beaucoup d’injonctions diverses et variées, « laisse-le pleurer sinon il sera dépendant », « ne le laisse pas pleurer, c’est mauvais pour son cerveau », « laisse-le pleurer ça lui fera les poumons » (phrase favorite des grands parents).
Mais alors que faire ? Que nous disent les dernières recherches en neuropsychologie ?
Lorsque le bébé pleure, cela libère une hormone de stress, le cortisol. A forte dose et de façon répétée, le développement du cerveau est impacté pouvant aller jusqu’à des pertes neuronales. Si bébé arrête de pleurer au bout d’un moment, ce n’est pas parce qu’il s’habitue ou qu’il a compris mais parce que son cerveau se met en veille pour se protéger.
Un bébé ne pleure jamais pour manipuler. Son cerveau n’en a pas la capacité avant 6 ans ! Et cela est pareil pour le contrôle des émotions qui lui est possible entre 25 et 30 ans.
Bébé apprend en pleurant seul qu’il ne peut pas compter sur ses parents. Le seul moyen de faire baisser son niveau de stress est la présence bienveillante des parents. Grâce aux câlins, au portage, une nouvelle hormone est sécrétée, l’ocytocine, l’hormone du bonheur ou de l’amour. Et elle permet de diminuer le niveau de stress, le rythme cardiaque et la respiration.
Accompagner le pleurs
Cela ne signifie pas qu’un bébé ne va pas pleurer, puisque comme évoqué plus haut, c’est son seul moyen d’expression avant l’acquisition de la parole. Mais c’est la façon dont l’entourage va l’accompagner qui compte. Lorsque bébé pleure dans les bras, l’hormone de stress se diffuse en moins grande quantité puisque la présence de son parent le rassure et lui montre qu’il peut compter sur lui pour exprimer et accueillir ses émotions. Parfois, il n’est pas possible de le prendre dans les bras de suite (autre enfant, douche, préparation du repas,…), vous pouvez alors essayer de l’apaiser d’une autre manière comme en lui parlant doucement pour lui expliquer la situation, en le regardant, en lui chantant une chanson, … L’important est de ne pas ignorer ses pleurs.
Je n'en peux plus
Mais parfois, en tant que parent, lorsque les pleurs sont fréquents et/ou durent longtemps, qu’on arrive pas à le calmer, il est difficile d’être là pour lui.
Dans ce cas, si possible, il faut passer le relais, au conjoint, à un parent, à une personne de confiance. Si vous êtes seul (e), il est préférable de poser bébé en sécurité dans son lit, lui dire que vous avez besoin de respirer un moment et que vous revenez vite puis d’aller prendre l’air quelques minutes, de crier, de pleurer ou écouter une musique qui vous fait du bien, … Vous reviendrez plus serein (e) pour continuer à l’accompagner. Parce que oui, idéalement, il ne faut pas laisser pleurer seul mais si cela arrive de temps en temps, ce n’est pas grave, c’est lorsque bébé pleure seul régulièrement qui est nocif.
Et puis au alentour de 1 an, bébé pleure moins (environ 1h cumulé par jour). Et on a appris à le connaître, à trouver des techniques pour l’apaiser et répondre à ses besoins.
Se faire confiance
Une chose est sure faites-vous confiance face aux pleurs de votre bébé, c’est vous qui le connaissez le mieux et surtout n’hésitez pas à passer le relais si vous en ressentez le besoin. Prenez soin de vous pour pouvoir prendre soin de votre bébé.

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